Voyages en Amérique Latine - Ma vie en Argentine - Et quelques moments en France
Noël approche, les rues de Quito s'illuminent, c'est la frénésie des achats dans les centres commerciaux mais....... il y a les indigents, les malheureux, comme partout, mais lorsqu'il s'agit d'enfants.....
L'Academia Latinoamericana distribue cette année 350 colis de Noël aux enfants démunis. Après les cours, nous fûmes quelques volontaires à préparer les paquets composés de jouets, de sucreries diverses et de petits gâteaux. Je participe à la distribution dans trois endroits, deux orphelinats et la garderie de la prison des femmes.
Vendredi matin, après avoir reçu les autorisations et recommandations officielles, direction la prison des femmes accompagné d'une « payasa », jeune femme clown. Cruelle expérience !
Beaucoup de jeunes femmes sont incarcérées ici à la suite de problèmes de transport de drogue, « las mulas » qui ingurgitent des petits sachets imperméables remplis de poudre, de la taille d'un pouce (70 à 100 pièces à avaler). Nombreuses sont les Colombiennes et les étrangères de passage qui succombent aux sirènes de l'argent facilement gagné et se font prendre. La durée de l'emprisonnement va de 10 ans à plus. Certaines arrivent enceintes et d'autres profitent du droit de visite accordé au mari pour faire un enfant en prison et espérer une indulgence du tribunal.
Et pendant ce temps-là les petits sont enfermés eux aussi dans un espace confiné qui pourrait ressembler à une classe de maternelle, un dortoir, et une petite cour. Pas très propre et pas très chaleureux tout ça.
Ils ont entre quelques mois et 6 ou 7 ans environ, certains ne sourient jamais, tristes et renfermés, alors que d'autres sont exubérants, turbulents, ceux-là ont bien ri, ont participé aux clowneries et se sont jetés sur les cadeaux. Ils nous attendaient, un moment de bonheur pour eux.
Que dire de la petite Maria-Josée aux grands yeux noirs espiègles et au sourire éclatant, qui est venue spontanément s'asseoir près de moi et ne m'a plus lâché la main, sauf pour faire le pitre. Elle a tenu à me montrer fièrement les quelques petites affaires et le semblant de nounours qu'elle possédait. Comble du bonheur, elle a compris ce que je lui disais, mais deux heures plus tard l'heure de la séparation est arrivée. Des gros sanglots, de nouveau abandonnés..... Saloperie de vie........
Nous sommes tous rentrés en taxi, en silence, chacun enfermé dans ses pensées.