Elle est brune comme La Belle Otéro, elle est déjà d'une autre époque, elle est née en 1992.
Dans les années 90, elle fut parisienne chaque jour, fidèlement, par tous les temps. Certains s'en souviendront.
Curieuse de nature, elle a parcouru presque toute la France, les beaux jours d'été. Elle a souhaité savourer les moules-frites en Belgique, goûter la brune dans les pubs en Angleterre, elle a voulu connaître le grand frisson de la folie de l'île de Man.
Elle ne m'a jamais laissé tomber, si, une fois, en colère, sur un rond-point campagnard, lorsque je lui ai ordonné de traverser une traînée de gas-oil qu'elle n'apprécie guère, elle n'a pas aimé. En signe de protestation, elle s'est couchée, pas méchamment, mais j'ai compris la leçon.
Depuis qu'elle est retraitée, l'hiver, elle ne veut plus mettre le pneu dehors ou alors il faut lui demander gentiment. Mais dès les premiers rayons du soleil, elle ne se tient plus, elle piaffe. Je suis contraint de la calmer, c'est qu'elle est encore fringante la bougresse.
Une si longue histoire d'amour et de fidélité.
Je l'aime toujours, mais je suis triste, à mon grand désespoir je crains que notre romance prenne fin cette année, et, si elle tombe amoureuse de quelqu'un d'autre, je lui souhaite bien du bonheur.