Voyages en Amérique Latine - Ma vie en Argentine - Et quelques moments en France
Je vous avais déjà dit que j'étais attiré par les marchés, celui de Valparaiso ne m'a pas déçu.
J'aime particulièrement les marchés anciens, ceux qui n'ont pas subi l'aseptisation à la con que nous observons chez nous, ceux qui permettent encore de mettre les doigts dans les bacs à olives pour les goûter ou de tâter les fruits les plus mûrs.
Ils représentent l'âme populaire des villes et me ravissent par les odeurs, les appels des marchands, le bruit de tonnerre des chariots à roues métalliques sur la chaussée, la vie bruissante des chalands. Sans doute la réminiscence de mon adolescence, quand, pour mon argent de poche, je passais des nuits à travailler aux Halles de Paris dans une ambiance que j'imaginais comme étant celle des romans de Victor Hugo.
Et la foule qui, lorsque deux carabiniers chiliens en voiture voulurent jouer aux cow-boys avec un homme et son chariot n'ayant pas dégagé assez rapidement, s'agglutina, furieuse, autour du véhicule au point de les intimider, les obligeant ainsi à céder non sans une dernière attitude autoritaire.