Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Voyages en Amérique Latine - Ma vie en Argentine - Et quelques moments en France

Publicité

Asado et tempête

 

Le "quincho" sous un bon soleil printanier de novembre. Conséquence de la sécheresse, l'herbe est rase et totalement brûlée.

 

Quincho

 

 

Un dimanche de fin novembre, juste avant l'arrivée de la reine-mère, nous avons décidé, les copains et moi, d'inaugurer la "parilla" (grill) toute neuve et de faire le premier asado à la maison. José-Luis, le spécialiste, s'en est chargé. Une réussite. Depuis il y en a eu plusieurs autres et maintenant c'est moi qui m'en charge.

Avec José-Luis, un asado ça commence à 13h00 et ça se termine à 19h00, la viande cuit lentement, il faut compter deux heures pour que tout soit prêt, en attendant on attaque la picada (amuse-gueule en quantité) et on finalise par la séquence "Fernet Branca". La picada je l'ai faite à la française, ils adorent, et on boit de la bière, qui chez moi est uniquement artisanale et excellente (je ferai un billet plus tard sur cette production). Picada à la bière, asado au vin rouge et pour les jusquauboutistes le "Fernet Coca". On ne s'ennuie pas.

 

Asado

 

Vers 19hOO, le ciel s'assombrit brusquement et tout le monde s'empressa de rentrer chez soi, craignant un gros orage et "las piedras" (la grêle). Et pour une tempête c'en fut une belle. Avec ce sombre ciel d'apocalypse, le temps de ranger, de nettoyer le quincho, à 20h00 il faisait déjà nuit. J'ai attaqué la vaisselle en même temps qu'apparaissaient les bourrasques de vent et les premières gouttes de pluie, qui en quelques dizaines de secondes se transformèrent en déluge. Et pan ! Plus d'électricité ! J'ai terminé la vaisselle avec une lampe de poche dans la bouche, le bruit était assourdissant, à tel point que je ne me suis même pas rendu compte que la pluie s'était associée à la grêle. Lorsque je dirigeais la lampe vers l'extérieur, je n'apercevais rien au delà de un mètre, un véritable mur d'eau et de grêlons dont je percevais la puissance extrème renforcée par un vent d'une violence inouïe. Le tout dans le noir le plus absolu, il ne me restait donc plus qu'à aller au lit en attendant que ça se passe. L'ensemble a duré au maximum une heure avec vingt minutes de fureur. Je n'ai pas eu d'inquiétude particulière si ce n'est l'angoisse de constater les dégâts le lendemain matin qui s'est révélé être un jour radieux et apaisé.

Et bien j'ai été servi, comme tous les habitants du pueblo. Le sol était jonché de branches plus ou moins grosses arrachées des arbres, le jardin et les terrasses pleines de feuilles et autre détritus amenés par le vent. Comme je suis situé à mi-pente d'une colline assez haute, j'ai récupéré un fleuve de boue qui a traversé tout le terrain pour aller se déverser en bas, dans la rivière, à 300 m de là. Quant au petit potager en forme de sarcophage, dévasté, plus un pied de tomates valide. Par chance les bâtiments n'ont subi aucun dégât matériel.

 

Les pieds de tomates ont disparu, ils étaient pourtant bien vigoureux la veille. Bizarrement le basilic et la ciboulette n'ont pas été totalement détruits. J'ai donc dû tout replanter.

 

Tempête 3

 

 

La boue est venue de la route, a traversé mon quincho si propre et a continué son chemin vers le bas. Et "maman" qui arrive dans trois jours, j'ai intérêt à ne pas chômer.

 

Tempête 1

 

Tempête 2

 

Vers cinq heures du matin, notre petite rivière si sage, alimentée par l'eau qui descendait des sommets, a vu brutalement son niveau monter de plusieurs mètres, son cours charriant d'énormes pierres et des arbres déracinés. En amont, des petits ponts en pierre et béton armé on été arrachés et les piliers de plusieurs tonnes emmenés sur plusieurs dizaines de mètres. Les riverains sont restés bloqués chez eux deux heures, le temps que l'eau baisse. Ici les maisons ne sont pas construites tout au bord de la rivière, mais un peu en recul sur la hauteur. Tout ça pour une tempête dont la violence a duré moins d'une demi-heure, certes, ça n'a rien à voir avec les inondations de ces dernières années dans le sud de la France. Il est tombé, en si peu de temps, une telle quantité de grêlons que les amas le long de la rivière ont mis 48 heures à fondre alors que la température atteignait 30°.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article