Voyages en Amérique Latine - Ma vie en Argentine - Et quelques moments en France
Une rapide histoire de Miramar située sur la rive de Mar Chiquita (d'après Franck Boore dans Panoramio)
Miramar fut crée au début du 20ème siècle après que furent découvertes des nappes d'eau douce et creusés des puits qui permirent d'alimenter les nouveaux habitants en eau potable. Les premiers touristes, qui arrivaient en train jusqu'à la ville de Balnearia, accédaient au "bord de mer" par un chemin de terre de 12 kms.
Les premiers hôtels furent construits vers 1920 ainsi que des quais et des embarcadères, les activités nautiques se développèrent, barques, voiliers, et on vit apparaître des touristes se couvrant de boue qui avait, paraît-il, des vertus curatives. Ce fut bientôt une des principales activités et le succès des traitements d'eau et de boue de cette étendue salée se propagea jusqu'en Italie et en Allemagne. D'autres spécialités furent une intensive production horticole et l'élevage de loutres. En 1951, cent éleveurs de loutres produisaient plus de 100 000 peaux.
Dans les années 70, Miramar, en plein essor, possédait une importante infrastructure touristique, plus de 100 hôtels, des édifices publics, trois kilomètres de bord de mer amènagé avec des escaliers, douches, sanitaires, accès pour les embarcations, plages, un club nautique, trois piscines publiques d'eau salée et des stations thermales. Mais hélas... après ces années de succès, la nature s'insurgea.
En 1974 a commencé une période "humide" provocant une lente montée des eaux de la lagune qui, entre 1976 et 78, a affecté 198 familles, recouvert une centaine de manzanas (pâtés de maisons d'environ un hectare), détruit 90 % des établissements hôteliers, plus de 60 entreprises commerciales, le terminal d'omnibus, le centre thermal, le camping municipal, les écoles primaires et secondaires, deux de ses églises, le club nautique, les banques, etc... On estime que le niveau de lagune s'est élevé de 8 mètres. L'eau a inondé les splendeurs de Miramar et expulsé plus de la moitié de sa population en deux ans. Le 15 septembre 1992, avec la dynamite, Miramar disait adieu à une partie de son histoire.
Le dynamitage a laissé un immense tas de gravats qui apparaissent au fur et mesure que le niveau de l'eau descend.
Le Miramar nouveau, modestement, se reconstruit en retrait, la ville compte environ 2000 habitants et essaie de retrouver une activité touristique attrayante.
Le Grand Hôtel Viena, le dernier à avoir subi les outrages de l'inondation, il se situait à 80 mètres de la plage. C'est le seul dont les ruines sont encore debout. Photo prise en 2003, les pieds encore dans des eaux qui s'étaient pourtant considérablement retirées.
En 2007, on pouvait visiter les ruines.
Aujourdh'ui, l'eau est trente mètres plus loin. On ne peut plus le visiter, le danger d'éboulement est trop important